Pendant Météo, mieux vaut prévoir de venir avec les poches
pleines de liquide. La carte bleue n’a pas cours, du coup on cour le risque de se retrouver à sec bien avant le dernier concert. Ainsi, après avoir bu quelques bières, dégusté une part de
fromage biodynamique et déniché chez le libraire qui tient boutique dans la cour du Nouma le classique Novövision d’Yves
Adrien, j’en suis réduit à me lancer dans le trafic de gobelets consignés pour amasser de quoi me payerL’œil du lézard de
Richard Hell (de la pure littérature d’après le libraire).
Encore loin du compte, je m’approche de Daniel Sailer, que je viens de découvrir sur scène au sein de Phall Fatale. C’est l’occasion d’étudier de plus près un splendide spécimen de “contrebassiste suisse à cheveux longs”. Premier constat, le contrebassiste suisse à cheveux longs sirote de la bière (les musiciens de Météo boivent aussi un peu de vin et même, d’après une rumeur que je n’ai pas pu vérifier, du champagne dans les loges…). Sympathique, mon beau contrebassiste suisse à cheveux longs se laisse facilement approcher :
- C’est quoi le truc écrit en rouge sur ton t-shirt noir?
- C’est le nom d’un groupe de grindcore mexicain… (le CSACL rigole avec un petit accent suisse dans sa barbe taillée à la zurichoise).
- Et les deux belles blacks qui chantent avec toi, elles sont suisses elles aussi ?
- Oui oui, plus ou moins…
- Elles habitent où ? A Zurich ?
- Non, non, Joy vit à Berlin et Joana à Oslo…
- Aïe ! Et vous faites comment pour répéter alors ???
- On ne répète pas beaucoup en fait… C’est un projet pour lequel on ne répète pas trop…
- Ok. Et tu restes pour le festival demain ?
- Oh non… Demain j’ai un concert classique à Vienne !
Conclusion : le contrebassiste suisse à cheveux longs aime la bière et le grindcore mexicain, monte des projets avec des chanteuses blacks norvégiennes et joue de la musique classique… C’est pas beau la liberté ?
Ça
commence par un post-scriptum à la fin d’un mail de l’écrivain Christophe Fourvel (PS : zut, j’ai oublié de te dire que hier soir, une amie chantait à Mulhouse pour le festival (météo ?) Il
s’agit de Catherine Jauniaux avec Eric M, je crois. T’aurais pas vu ça par hasard ?).
Après
les trois Hollandais soufflants en prélude au festival, Jozef Van Wissem, un autre type de Hollandais, se produit en solo dans la chapelle Saint-Jean pleine comme un œuf. “Le Hollandais à cheveux
longs” (remember Johan Cruyff) est souvent un artiste de grande classe. Là, ça démarre par un petit échauffement un peu répétitif, histoire d’épousseter nos oreilles poussiéreuses. Le Hollandais
aime les notes en suspension qui viennent mourir sur le pas de la porte de la chapelle, là où se massent les retardataires.
Sébastien Borgo, l’œil farceur derrière ses machines,
ressemble à un gentil lutin qui se serait transformé en savant fou à force de vivre au milieu de ses étranges machineries. Samuel Colard, plus massif et plus concentré, démarre doucement. On ne
sait pas trop comment ses doigts bougent, puisque seule sa tête émerge de son piano. L’instrument ressemble à une monstrueuse araignée géante avec ses quatre grandes pattes métalliques prêtes à
bondir.
Pour le dernier soir de Jazz à la campagne, la terrasse des
Copains d’Abord avait fière allure. Face à la foule de festivaliers en goguette qui les écoutait d’une oreille pas toujours très attentive, les trois musiciens de De Jongens Driest soufflaient
harmonieusement dans une clarinette, un trombone et un soubassophone. Je me suis approché de Fanfan, repérable entre mille grâce à son t-shirt orange fluo aux couleurs du “Summer of the 80’”
d’Arte :
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